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Musique classique et opéra par Classissima

Benjamin Britten

lundi 27 juin 2016


Classiquenews.com - Articles

8 juin

Compte rendu, opéra. Paris. Palais Garnier, le 26 mai 2016. Reimann : Lear. Bo Skovhus, Bieito, Luisi.

Classiquenews.com - ArticlesL’opéra du XXème siècle revient au Palais Garnier ! Il s’agît d’une nouvelle production de Lear du compositeur vivant Aribert Reimann, signée Calixto Bieito, et comptant dans sa fabuleuse distribution des noms tels que Bo Skovhus, Annette Dasch, Gidon Saks, Andreas Scheibner ; dirigés par le chef italien Fabio Luisi. Un événement rare, voire bizarre, d’un intérêt tout à fait indéniable ! Inspiré de la Tragédie du King Lear de Shakespeare, l’opéra de Reimann est crée en 1978 à Munich grâce à l’insistance du célèbre baryton Dietrich Fischer-Dieskau, qui en réclame d’abord à Benjamin Britten en 1961, la trame d’un opéra… avant de voir son projet matérialisé finalement par Reimann et son librettiste Claus H. Henneberg, d’après le Barde. Œuvre à la genèse exceptionnelle, elle est aussi une continuation naturelle de la « nouvelle » dynamique du théâtre lyrique et du rapport de la musique à son texte, de fait instaurée par Debussy dans son Pelléas et Mélisande composé à la fin du 19ème siècle et créé à l’aube du 20ème. Comment cela ? Bien que présenté à sa création comme un « opéra composé sur une œuvre littéraire » ou « Literatur-Oper », l’ouvrage est en vérité une œuvre de grande authenticité, à part entière ; surtout pas l’accompagnement musical d’une pièce ; ici Henneberg compose un livret nouveau, particulièrement distinct et succinct par rapport à Shakespeare ; Reimann écrit une partition expressionniste qui s’accorde magistralement à l’intensité de la tragédie et qui ne laisse jamais le public indifférent. Quand l’expressionnisme n’exprime plus rien Le public de cette première (ou 9ème représentation au total depuis son entrée au répertoire en 1982), respire, soupire, s’offusque, pleure, a des frissons, perd l’haleine, s’étonne et s’émeut au cours de deux heures et demi de présentation. L’histoire du vieux Roi Lear, connue de tous, en fait beaucoup. Au moment d’annoncer le partage de son héritage à ses 3 filles, il leur réclame l’expression de leur amour pour lui afin qu’il prenne sa décision… Goneril et Regan, fausses, font l’éloge, mais Cordelia, sincère, dit tout simplement qu’elle aime son père comme une fille l’aime, ce qui est pour Lear un sacrilège ; il finit par la bannir après l’avoir humiliée et donne sa partie de l’héritage à ses sœurs. Le début d’une descente aux enfers de la folie. Le Roi Lear, après s’être rendu compte de la supercherie des grandes sœurs, essaie de revenir sur ses pas, mais trop tard. Il mourra avec le cadavre de sa fille Cordelia, venue le sauver, dans ses bras. Puisque les sœurs meurent aussi (obligé!) la famille Lear s’éteindra. Le travail de mise en scène de Calixto Bieito, connu pour ses tendances regie-theater, – souvent controversé, est d’une grande intensité et pertinence, avec peu d’images et d’effets faciles, mais au contraire d’une subtilité riche en significations. Dans la proposition atemporelle, le travail d’acteur est tout à fait remarquable. Des thèmes d’une profondeur presque métaphysique sont explorés, et la perspective est d’une grande humanité. Lear paraît donc abattu par la vieillesse qu’il veut oublier par son acharnement à des vieilles notions presque perverses de l’amour et du pouvoir. On ne parle jamais d’inceste mais cela se devine. Comme partout dans Shakespeare, les vérités profondes qu’aucun personnage n’ose jamais dire vraiment, l’accumulation de non-dits, les intentions déguisées, … créent une structure dramatique chargée qui termine toujours écroulée par sa propre lourdeur. Dans ce sens, la complicité entre la fosse et le plateau est davantage étonnante. La musique de Reimann, atonale, inaccessible, difficile à lire et à interpréter, voire difficile à écouter, peut s’apparenter à la musique d’un Berg ou d’un Webern, avec un je ne sais quoi de non assumé en provenance de Britten. Dans ce langage radical propres aux années 1970, nous trouvons de vocalises de fonction utilitaire, mais surtout de la violence, associée à un rejet de tout réalisme musical, absence totale de mélodie ou presque, une importance extrême accordée au rythme qui est à peine suggéré, et qui seul détermine la matérialisation souvent hasardeuse du chant syllabique. Si la musique s’apparente parfois à un vestige d’une avant-garde qui est loin derrière, l’événement, et surtout les performances ne sont pas dépourvues d’intérêt. Le mariage du chant au texte, la complicité millimétrique des chanteurs avec l’orchestre, sont exaltés par le travail pointu du metteur en scène. Ainsi nous trouvons un Bo Skovhus de rêve dans le rôle-titre (ou de cauchemar!). L’opéra, c’est lui ; même s’il n’est pas toujours sur scène. Habitué du rôle, le baryton danois interprète un Lear dont certes l’âge le tourmente, mais surtout un souverain finalement naïf, qui n’a pas une claire conscience de ce qu’est l’amour, … un Lear qui souffre donc comme tous. Du Roi bien-aimé au clochard insensé (remarquons la tendance dans la mise en scène contemporaine de refléter la réalité de notre contexte économique mondial), il est très touchant, et paraît complètement habité par le rôle, théâtralement autant que musicalement. De même pour les trois filles interprétées par Ricarda Merbeth, Erika Sunnegärdh, Annette Dasch. Si la Cordelia de la dernière a tout pour elle, avec une voix qu’elle maîtrise et une belle présence, son rôle de fausse-héroïne, sa voix est presque éclipsée par les performances des autres sœurs, dont l’intensité macabre et sadique évidente frappe l’audience, y compris l’ouïe du public, mitraillé par de faux unissons, ambitus insolents, et toutes les autres élucubrations de l’esprit expressionniste qui à force de vouloir tout dire, ne dit plus rien. Remarquons également la présence de Gidon Saks en tant que Roi de France, qui même s’il a du mal avec l’absence de mélodie, se distingue néanmoins et pour notre plus grand bonheur, puisqu’il arrive à rendre belle, une musique qui se veut moche, même si ce n’est que pour quelques mesures seulement. Ou encore le Comte de Gloucester de Lauri Vasar, dont le timbre plaît malgré tout, ou le Duc d’Albany d’un Andreas Scheibner à l’intelligence musicale remarquable. N’oublions pas le rôle parlé mais sachant lire la musique (puisqu’il doit agrémenter son personnage de tonalités et procédés musicaux) du Fou, interprété délicieusement, par le comédien Ernst Alisch. Une production de choc au Palais Garnier, dont nous parlerons encore, et qui mérite sans aucun doute le déplacement… Une œuvre sombre, étrange, riche en particularités à voir au Palais Garnier jusqu’au 12 juin 2016. Compte rendu, opéra. Paris. Palais Garnier. 26 mai 2016. Reimann : Lear. Bo Skovhus, Annette Dasch… Orchestre et choeurs de l’Opéra national de Paris… Calixto Bieito, mise en scène. Fabio Luisi, direction musicale.

Le blog d'Olivier Bellamy

13 juin

HJ Lim, CT super !

A cause d’une faction d’extrême-gauche défendant des privilégiés non touchés par la loi travail, le train d’Hugo Reyne est arrivé en retard. Donc nous avons diffusé l’émission enregistrée avec HJ Lim, jeune pianiste venue de Corée (où le travail n’est pas un vain mot), mais qui a vite appris de l’esprit frondeur à l’occidentale, sans rien perdre de sa subtilité orientale. “S’engager en jouant, ce n’est pas de la prétention, ça s’appelle du courage.” Voilà qui est envoyé. Tout comme la valse de Chopin jouée par Hoffmann. Géniale ! Pourquoi plus personne ne joue comme ça ? Parce que ça demanderait trop de travail, pardi. On en revient toujours là. Voici son programme : -4ème mouvement de la symphonie Destin de Beethoven par Gardiner et orchestre révolutionnaire et romantique. -Extrait de la Prière Tibétaine sur le mantra Om Mani Padme Hum de Rabinovitch-Barakovsky -Prière du Sage par le Vénérable Seongdam, chant ancien du 8ème siècle de la Corée du Sud. -Brahms klavierstücke op.76, capriccio en fa dièse mineur, par Henri Barda -Josef Hofmann, la valse op.64 n.1 de Chopin Madeleines : -Britten, Balulalow -Le Chant de mon père, enregistré en 2014. -Scriabin la Valse, HJ Lim Avec le lien Dropbox des morceaux: https://www.dropbox.com/sh/iaje470vj3lxvmo/AABK-DflnMCwEVA99PJ7BcJoa?dl=0




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28 mai

CD, coffret, annonce. DECCA SOUND 55 great vocal recitals

CD, coffret, annonce. DECCA SOUND 55 great vocal recitals. Une affiche à faire pâlir toutes les maisons d’opéra : le coffret DECCA SOUND 55 great vocal recitals offre une récapitulation des plus grandes voix du siècle dernier et de celui commençant, synthèse entre les XXè et XXIè, qui place de fait Decca parmi les labels qui ont le plus compté dans l’émergence et la diffusion des tempéraments vocaux et lyriques les plus sidérants. Ce sont les archives du label d’Universal music, un filon inestimable qui retrace les gloires passées des années 1950, 1960, 1970, 1980, 1990… jusqu’aux étoiles contemporaines : Kaufmann ou Calleja, deux ténors en or. Dans les domaines enviables et impressionnants tant ils exigent profondeur, finesse, agilité ou legato, soit opéra italien et français, Wagner et les lieder et mélodies, voici les grandes voix admirables qui nous ont bercé, qui ont façonné aussi notre goût, touts et toutes uniques dans leur spécificité incarnée, parfois d’une vérité criante ou d’une blessure envoûtante à jamais mémorable. Decca ne fait que livrer une partie infime de son immense catalogue vocal. Ce premier volet en appelé d’autres : nous en sommes déjà impatients. 55 récitals, 55 voix légendaires Ici, chaque chanteur, tempérament singulier, révélant sa propre identité sonore, sa marque artistique forte dans un répertoire désormais bien délimité, enregistre chez Decca relève d’un accomplissement et d’une reconnaissance semblable aux pianistes qui donnent un récital à Carnegie Hall : un tremplin formidable et déjà, un statut à part. De là à passer au statut de légende vivante, le pas est souvent vite franchi. Voyez ainsi dans les oeuvres qu’ils ont profondément marqué par la justesse de leur incarnation : pour les années 1950 : Ferrier, Corena…; pour les 60’s : Berganza, Nilson, Crespin… ; pour les 70’s : Pavarotti, Södeström…; pour les 80’s : Kanawa, Bartoli… pour les 90’s : Gheorghiu, Fleming, … Chanteurs par date d’enregistrement de leur récital titre : Suzanne Danco (1950-1956), Kathleen Ferrier (1950-1952), Cesare Siepi (1954-1958), Fernando Corena (1952-1956), Mario del Monaco (1952-1956), Kirsten Flagstad (1956-1958), Lisa della Casa (1952-1956), Giuletta Simionato (1955-1961), Gérard Souzay (1950-1956), Carlo Bergonzi (1957-1965), Giuseppe di Stefano (1958), John Sutherland (1959-1962), Regina Resnik (1960-1967), Hilde Gueden (1951-1969), Teresa Berganza (1959-1962), Tom Krause (1965-1967), Peter Pears (WIntereise de Schubert avec au piano Benjamin Britten, 1963), Birgitt Nilson (1962-1963), Marilyn Horne (1964-1966), Renata Tebaldi (1958-1972), Hermann Prey (Schwanengesang de Schubert de 1963 avec Gerald Moore au piano), Elena Souliotis (1965-1967), Régine Crespin (1963-1967), Gwyneth Jones (1966-1968), Luciano Pavarotti (1964-1976), Nicolai Ghiaurov (1962-1974), Sherill Milnes (1971-1978), Hans Hotter (lieder et mélodies, 1973), Sylvia Sass (1977-1978), Pilar Lorengar (1966-1978), Elisabeth Söderström (mélodies russes avec Vladimir Ashkenzay au piano 1974-1977), Mirella Freni et Renata Scotto en duo (1978), Martti Talvela (1969, 1980), Paata Burchuladze (1984), Leo Nucci (1986), Susan Dunn (1987), Cecilia Bartoli (1988), Kiri Te Kanawa (1989), Brigitte Fassbaender (1990), Sumi Jo (1993), Angela Gheorghiu (1995), Andreas Scholl (1998), René Fleming (Mozart, Tchaikovski, Strauss… avec Solti, 1996), Barabara Bonney (1999), Matthias Goerne (2000), Juan Diego Florez (2002), Jonas Kaufmann (avec Claudio Abbado en 2008), Joseph Calleja (2010). Sans omettre les moins connus Virginia Zeani, Jennifer Vyvyan, Robert Merril et James McCracken (duo, 1963-1965), Huguette Tourangeau (1970-1975), Maria Chiara (1971-1977), Josephine Barstow (1989), Kiri Te Kanawa (1989)… CD, coffret, annonce. DECCA SOUND 55 great vocal recitals. Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews. CLIC de CLASSIQUENEWS de juin 2016.

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25 mai

Lear d’Aribert Reimann à l’Opéra Garnier

« Lear » à l’Opéra Garnier (mai 2016) : Regan (Erika Sunnegärth), Lear (Bo Skovhus), Goneril (Riccarda Merbeth), le Fou (Ernst Alisch) / © Elisa Haberer – ONP De premières représentations à Garnier en 1982, dans la foulée de la création triomphale à Munich (1978), n’avaient pas marqué. À cause d’une traduction française qui portait mal à la scène, à cause d’une timidité dans la mise en scène de Jacques Lasalle, et d’une interprétation en général timorée. Rien à voir avec Munich où la mise en scène de Ponnelle, le couple royal Fischer-Dieskau/Varady et l’immense plateau vidé et ouvert jusqu’au fond avaient assuré une présence shakespearienne et une intensité assez foudroyantes. « Lear » à l’Opéra Garnier (mai 2016) : Edmond (Andreas Conrad), Goneril (Riccarda Merbeth) / © Elisa Haberer – ONP Je n’avais pas revu Lear depuis, mais ces souvenirs en étaient restés très vivaces. On peut avoir presque peur qu’une nouvelle façon de représenter un ouvrage vienne ruiner l’image, encore flattée par le souvenir, qu’on en avait gardé. On attendait de la nouvelle mise en scène de Calixto Bieito beaucoup de violence, beaucoup d’hémoglobine aussi, que Lear n’est pas sans appeler ; et de toute façon un coup fatal porté à des souvenirs de Fischer-Dieskau changé par Ponnelle en un personnage de William Blake, mystique, à barbe fleuve de Dieu le Père, avec à côté de lui une Varady transfigurée par la compassion et un nimbe de pureté comme la scène en montre rarement de tel (sans parler des performances vocales, réellement surnaturelles). On est heureux de dire que sur pratiquement tous les points la représentation de Garnier, avec son orchestre de timbres simplement hallucinant mené avec un équilibre royal par Fabio Luisi, surpasse en pratiquement tout point Munich 1978, la seule Varady demeurant sans doute inégalable, par un miracle de grâce qui ne se retrouvera peut-être jamais. « Lear » à l’Opéra Garnier (mai 2016) : Kent (Kor-Jan Dusseljee), Gloucester (Lauri Vasar), Lear (Bo Skovhus) © Elisa Haberer – ONP La sobriété totale du dispositif, silhouettes d’arbres s’inclinant, demi-jour ou même obscurité, lande virtuelle ou plutôt forêt, no man’s land en tout cas, laisse pleine liberté à une action où sans interruption tout s’enchaîne, avec une liberté toute shakespearienne. Il faut dire que le livret signé Claus Henneberg resserre de façon exemplaire le touffu et parfois volontairement disparate de l’original shakespearien. Tous lieux se confondent, du moment que tout lieu est quelconque. S’y meuvent des personnages d’une force et d’un poids dramatique colossal. Trois au moins crèvent l’écran si l’on peut dire. « Lear » à l’Opéra Garnier (mai 2016) : Cordelia (Annette Dasch), Lear (Bo Skovhus) / © Elisa Haberer – ONP Lear, c’est Bo Skovhus, la voix sèche mais nette, incisive, expressive, infatigable, se faisant entendre (et avec quelle intelligibilité des mots !), en tout point de la tessiture ; et assumant avec autorité et une grandeur épique la semi-nudité et le dépouillement absolu que la mise en scène lui impose. Fracassant couronnement d’une saison qui l’a vu déjà nous donner un Beckmesser des Maîtres Chanteurs de premier ordre ! Riccarda Merbeth est Goneril, plus odieuse et vipérine que nature, constamment sollicitée aux extrêmes de la voix et les assumant avec panache : portrait de malice théâtrale et vocale sans un défaut. Andrew Watts enfin est Edgar, le fils légitime et qui se change en fou (pauvre Tom) pour venir au secours du père abusé. Scéniquement mais vocalement surtout il est prodigieux, montrant à quel point l’art d’être haute-contre sur une scène classique d’opéra a pris d’aplomb et d’étoffe depuis 1978. S’il y a une tache dans la distribution, c’est Annette Dasch, bonne chanteuse essentiellement quelconque, à qui manque absolument cette grâce et ce rayonnement à part qui sont indispensables à Cordelia. Edda Moser avait été annoncée dans le rôle du Fou, brillante idée théâtrale qui a laissé place à une autre, inspirée et géniale : Ernst Alisch, comédien de cabaret, brechtien de ton et de tournure, dont la banalité même installe face à Lear qui perd la tête une sorte de contrepoids narquois et lui-même absolument dépouillé et nu. Il en résulte sur toute la première partie une atmosphère, mais dix détails aussi, qui nous mettent chez Beckett et plus du tout chez William Blake ; une ironie amère et compatissante ; quelque chose de non précisable où quelques-uns attendent Godot. « Lear » à l’Opéra Garnier (mai 2016) : Cordelia (Annette Dasch), Lear (Bo Skovhus) / © Elisa Haberer – ONP Reimann assistait à cette reprise glorieuse d’un chef-d’œuvre qui est peut-être bien le dernier opéra à la fois moderne et sérieux, et parfaitement valide, qui se soit produit depuis… ne disons pas combien de temps : Britten et Chostakovitch sans doute. Puissante soirée, largement acclamée et qui mérite des salles pleines, converties à un Shakespeare d’opéra qui n’est pas seulement Macbeth ou Falstaff. Les formules mêmes de l’opéra se sont resserrées depuis Verdi, même le meilleur Verdi, et Reimann avec son orchestre de timbres, sa prosodie cinglante et sa dramaturgie économe réincarne Shakespeare à son plus fort. « Lear » à l’Opéra Garnier (mai 2016) : Cordelia (Annette Dasch) & Lear (Bo Skovhus) / © Elisa Haberer – ONP Opéra Garnier, 23 mai 2016



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11 mai

PARIS. Nouveau Lear à Garnier

PARIS, Palais Garnier : LEAR d’Aribert Reimann : 23 mai-12 juin2016. Nouveau spectacle à partir du 23 mai au Palais Garnier. VIEILLARD DETRUIT… Le Palais Garnier à Paris, remonte un ouvrage qui n’y avait pas été produit depusi sa création en … 1982, soit il y a 34 ans… Lear impose chez Shakespeare, la figure d’un roi prêt à renoncer, pour qui le pouvoir n’est que vanité et dont la généreuse tendresse pour ses proches – ses trois filles aimées, aimantes- l’amène à offrir le pouvoir au risque de transformer ses propres enfants, en monstres dénaturés, parfaitement barbares, entre eux, et aussi contre celui qui leur a donné la puissance. C’est entendu, le pouvoir et la politique rendent fou : ils transforment ceux qui devraient servir les autres, en tortionnaires habiles et masqués. La politique crée des monstres cruels et sadiques, déshumanisés. Rien n’est comparable à la peine solitaire d’un père qui a malgré lui suscité la transformation infecte de ses descendants. ‘enfer est pavé de bonnes intentions et Shakespeare dévoile tout ce qui menace l’ordre social et la famille. Les deux pères Lear et Gloucester qui a pris son parti se répondent dans leur impuissance : le premier est errant, en vain défendu par les français ; le second, déchiré et détruit par ses deux fils. Mais dans ce sombre tableau qui engage les morts sans compter, la figure d’Edgar, le fils illégitime se dresse contre l’ignominie. C’est lui quisauve son père du suicide et tue l’indigne frère Edmond qui était devenue l’amant et le général de l’odieuse fille ainée de Lear, Goneril. Le mythe du vieillard politique dévoilant l’infecte réalité humaine au soir de sa vie a suscité bien des envies musicales, surtout des velléités légendaires : Berlioz (ouverture), Debussy (essais de musique de scène pour André Antoine), surtout Verdi, habité, terrifié par le sujet (à Mascagni : ” je reste épouvanté par le tableau du vieillard détruit solitaire sur la lande…”), dès 1843, mais toujours désespéremment sec à son égard, comme dépassé par le souffle et la vérité shakespearienne qui s’en dégagent. C’était compter sans l’intuition visionnaire d’un baryton ayant mesuré l’épaisseur et la démesure troublante d’un personnage taillé pour son chant intérieur et racé : Dietrich Fischer Dieskau ; le diseur légendaire sollicite d’abord Britten, puis le pianiste qui depuis 1957 avait coutume d’accompagner de grands chanteurs, soit Aribert Reimann né en 1936, lequel se montre réservé, mais lui-même hanté par le sujet et saisi par la prose de Shakespeare, passe à la composition, en particulier lorsque l’Opéra de Munich par un hasard heureux, confirme en 1975 la nécessité d’écrire un nouvel opéra, en passant une commande officielle dans ce sens à Reimann. L’opéra sera créé en en juillet 1978 avec Dietrich Fischer Dieskau dans la mise en scène de Jean-Pierre Ponnelle. A Paris, pour ce printemps où l’on fête les 400 ans de la mort de William Shakespeare, le metteur en scène fantasque et délirant catalan, Calixto Bieito aborde la figure du vieillard saisi par l’effroi, avec Bo Skovhus dans le rôle bouleversant de Lear. La production shakespearienne à Garnier est d’autant plus attendue que Bieito a fait ses débuts au Festival de Salzbourg avec une mise en scène de Macbeth, puis d’Hamlet au Festival international d’Edimbourg en 2003. LEAR d’Aribert Reimann OPÉRA EN DEUX PARTIES Créé à Munich en 1978 MUSIQUE : Aribert Reimann (né en 1936) LIVRET : Claus H. Henneberg D’APRÈS William Shakespeare, King Lear En langue allemande Surtitrage en français et en anglais Fabio Luisi, direction musicale Calixto Bieito, mise en scène KÖNIG LEAR : Bo Skovhus KÖNIG VON FRANKREICH : Gidon Saks HERZOG VON ALBANY : Andreas Scheibner HERZOG VON CORNWALL : Michael Colvin GRAF VON KENT : Kor-Jan Dusseljee GRAF VON GLOSTER : Lauri Vasar EDGAR : Andrew Watts EDMUND : Andreas Conrad GONERIL : Ricarda Merbeth REGAN : Erika Sunnegardh CORDELIA : Annette Dasch NARR : Ernst Alisch BEDIENTER : Nicolas Marie RITTER : Lucas Prisor 7 représentations du 23 mai au 12 juin 2016 (3h, dont un entracte) En langue allemande, surtitrée en anglais et en français lundi 23 mai 2016 – 19h30 jeudi 26 mai 2016 – 19h30 dimanche 29 mai 2016 – 14h30 mercredi 1er juin 2016 – 20h30 lundi 6 juin 2016 – 19h30 jeudi 9 juin 2016 – 19h30 dimanche 12 juin 2016 – 19h30 INFORMATIONS / RÉSERVATIONS par Internet : www.operadeparis.fr par téléphone : 08 92 89 90 90 (0,34€ la minute) téléphone depuis l’étranger : +33 1 72 29 35 35 aux guichets : au Palais Garnier et à l’Opéra Bastille tous les jours de 11h30 à 18h30 sauf dimanches et jours fériés Concertini d’accueil Dans les minutes qui précèdent le début des représentations de Lear, des musiciens de l’Orchestre de l’Opéra national de Paris offrent de petits concerts qui mettent à l’honneur Aribert Reimann dans les espaces publics du Palais Garnier (accès gratuit pour les spectateurs de la représentation). Radiodiffusion sur France Musique le 18 juin 2016 à 19h08 dans l’émission Samedi soir à l’opéra Pour imaginer en fin d’action, son vieux héros, seul, errant sur la lande, abandonné et trahi par tous, Shakespeare imagine une action de très ancienne mémoire, se déroulant 800 ans avant l’ère chrétienne : il s’inspire notamment de L’Historia regum Britanniae, rédigée au XIIe siècle par l’historien gallois Geoffroy de Monmouth, surtout des Chroniques d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande (1587) de Raphael Holinshed. En terres celtiques, le roi de l’île de Bretagne, Leir, paraît tantôt en potentat, tantôt démuni, victime du pouvoir, père aimant pour des fils ingrats… La Tragédie du Roi Lear de Shakespeare est créée le 26 décembre 1606 au Palais de Whitehall à Londres en présence du Roi Jacques Ier d’Angleterre. En 1977, les réalisateurs et metteurs en scène Peter Brook ou Roman Polanski (respectivement dans leur adaptation de Lear et de Macbeth au cinéma) ont souligné la puissance visionnaire du drame shakespeare, sa justesse et son discernement… ils soulignent combien le regard de Shakespeare sur la folie dérisoire des hommes les a conduit effectivement aux pires sévices barbares du XXè… Reimann se joue des écritures anciennes (classiques et tonales, primitive et dodécaphoniste) pour constituer à l’instar du polonais Krzysztof Penderecki, un drame théâtral en musique, où perce le chant spectaculaire et puissant des percussions, – ou le choc de blocs sonores, qui sont autant de jalons marquant l’avancée inéluctable du drame tragique. Ecriture prenante, houle instrumentale particulièrement saisissante par ses effets dramatiques, la partition de Lear convoque concrètement les tensions destructrices qui agissent et mènent le roi dépossédé, blessé sur les rives de la folie… (scène de la tempête où le Roi bascule dans le cri et la déchirure intérieure, quand à l’orchestre un bloc de 50 cordes s’effiloche graduellement en un chant solitaire, celui ultime de la contrebasse. Ses deux dernières créations lyriques les plus marquantes, sont Bernarda Alba Haus (sur le texte de Garcia Lorca) en 2000 ; puis Medea (d’après la pièce de Franz Grillparzer), commande du Staatsoper de Vienne en 2010, est consacré « World Première of the Year » par le magazine Opernwelt. ARGUMENT PREMIÈRE PARTIE. Le roi Lear convoque ses proches et les courtisans : il renonce au pouvoir en faveur de ses filles : Goneril, Regan et Cordelia, si elles lui témoignent leur affection et sont prêtes à partager le pouvoir. Seule Cordelia, la plus jeune, garde le silence : Lear l’exile et lui fait épouser le roi de France. Sa part échoit à ses ainées : Goneril et Regan. Lesquelles ne tardent pas à montrer leur vrai visage : une guerre pour concentrer le pouvoir se précise : le père encombrant est même chassé : errant sur la lande, en pleine tempête… Lear n’a plus que Kent et le fou comme fidèles amis. Reimann suit Shakespeare dans son évocation terrifique, gothique, fantastique d’un roi déchu, d’un père trahi et renié. Sauveur imprévu, Gloucester paraît pour sauver le roi. DEUXIÈME PARTIE. Le duc de Cornouailles et Regan torturent Gloucester qu’ils ont fait prisonnier. Ils lui arrachent les yeux. Aveugle, Gloucester comprend la réalité de l’espèce humaine : une bête vouée à la destruction collective. Il faut être dans le noir pour mieux voir. Son fils Edmond est devenu l’amant et le général de la reine Goneril. La France débarque à Douvres pour replacer sur le trône Lear qui accueilli par les français est soigné dans leur camp par Cordelia : Lear reconnaît sa fille et lui demande pardon. Edgar le fils illégitime de Gloucester, sauve son père qui voulait se suicider en se jetant d’une falaise. Mais Edmond bat les français : il fait assassiner Cordelia. Goneril empoisonne sa sœur Regan. Enfin Edgar, l’illégitime tue son frère Edmond en duel : Goneril se suicide et Lear paraît enfin, portant le cadavre de Cordelia…

Benjamin Britten
(1913 – 1976)

Benjamin Britten est un compositeur, chef d'orchestre, altiste et pianiste britannique (22 novembre 1913 - 4 décembre 197), souvent considéré comme le plus grand compositeur britannique depuis Henry Purcell.



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